Moi qui me la racontait sur Facebook parce que nous déjeunions sur la terrasse le 15 Janvier, je fais moins la maligne aujourd'hui. Ces 15 derniers jours m'ont en effet permis d'expérimenter deux facettes de l'hiver Américain !

1. Jean-Claude Dus en Amérique

Mon papa est revenu avec moi de France pour passer 15 jours à Raleigh. Entre le décalage horaire, la reprise du boulot, etc... on n'est pas sorti de Raleigh la première semaine. Du coup, le deuxième week-end, je nous ai concocté une petite expédition. Pour ceux qui l'ignorent, mon papa a passé toute sa jeunesse à la montagne, il a même été moniteur de ski pendant son service militaire. Le thème du week-end était donc tout trouvé : nous sommes allés à la montagne, histoire de voir un peu ce que les sports d'hiver Caroliniens valent !

Ceux qui sont bons en géographie nord-américaine savent que la Caroline du Nord c'est pas les Alpes ; ce serait plutôt genre le massif central, côté paysage. Pas de sommet culminant à 3000 mètres, mais de la moyenne montagne, pleine de forêts et d'ours... et de skieurs en cette saison !

Oubliez l'idée que vous vous faites d'une station de ski, avec son village (plus ou moins beau), les télésièges qui passent au dessus des rues et les bus avec des chaines ; à Appalachian Ski Mountain il y a un grand parking sans neige, un bâtiment qui fait vente de forfaits, location de matériel, école de ski, restaurant et magasin de souvenir. Et à part ça ? 2 télésièges, 2 tire-fesses et 4 pistes.

L'organisation de la vente des forfaits et de la location du matériel est quasi militaire : on remplit une fiche avec sa taille, son poids, le type de matériel que l'on veut, on signe pour promettre qu'on n'attaquera pas la station de ski si on se casse une jambe, et on remet le tout au guichet numero 1. De là, on part au guichet numéro 2 pour prendre une paire de chaussures, puis au guichet numéro 3 pour prendre des skis. Les batons sont dans des grandes boîtes à la sortie du bâtiment. Ils louent même des vêtements de ski pour ceux qui n'auraient pas investi.

On a passé une super journée. Bon, c'était pas Val Thorens vu qu'il n'y avait que deux petites pistes pour nous (les deux autres étant pour les débutants) mais il faisait beau, la neige était bonne et j'étais bien contente de skier avec mon pap's.

Quelques photos pour vous montrer que:

1. Il fasait Beau

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2. Il n'y avait pas beaucoup de neige aux alentours mais à sur les pistes ca allait (merci les canons....)

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3. Mon père il est "old-school" à ski, mais il a la classe!

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4. Moi je mise tout sur le look.

DSCF20162. Captain Igloo

Les "Frozen Rain" ou pluies verglaçantes vous connaissez ? Il paraît que ça existe en France dans des coins très très froid (genre le Territoire de Belfort). Personnellement je n'en avais jamais vues et je trouvais les Américains paranos avec la météo : roulant à  20 à l'heure dès qu'il fait -1°C, ou parlant de l'hiver comme si on devait encore aller chasser notre survie dans la neige, à mains nues, dans l'impossibilité de se faire livrer par Papa John's ou Jersey Mike's...

Une fois de plus, mes idées préconçues en ont pris un coup : vendredi matin, Gilles, notre Big-Boss de chez Bayer US, nous annonce que les bureaux vont fermer à midi pour cause d'alerte météo aux pluies verglaçantes. Étant enrhumée, et donc pas spécialement motivée pour le travail acharné, je me réjouis de cette décision.

Les bureaux se vident à partir de 11H45 et, alors que quelques flocons de neige tombent sur Raleigh, je rentre chez moi me mettre au chaud. Les routes sont bondées comme le soir à 17H00 (heure de sortie des bureaux ici). Il semble que tous les employeurs du coin aient pris la même précaution.

J'avoue qu'à ce moment là, je suis toujours un peu sceptique ; mais je ne vais pas aller discuter une décision qui fait débuter le week-end plus tôt. Je déjeune avec Camille, et le début d'après midi se passe. Nous étions invités le soir à dîner chez un collègue français pour débuter notre tournoi 2013 de coinche (Camille et moi avons perdu le championnat 2012, il faut qu'on prenne notre revanche !).

Vers 16h45, prêts à partir, Camille ouvre la porte du garage et fait quelques pas pour tester le sol : tout est recouvert d'une fine couche de glace ! La neige, la pluie et le grésil qui sont tombés plus tôt ont gelés, laissant une fine couche brillante sur l'asphalte. La rue en pente qui part de chez nous ressemble à la porte d'un meuble chinois laqué, les oiseaux et les poissons incrustés en moins. Autant pour moi et mon jugement sur la paranoïa des Ricains ! J'appelle Séverine et Guillaume et annule notre dîner.

Il y a une explication scientifique au phénomène : si j'ai bien compris ce que m'a expliqué Camille, la couche d'air la plus proche du sol est très froide mais, en revanche, au dessus il y a une couche d'air plus chaude. Lorsque les nuages, situés encore au dessus, crèvent et laissent tomber leur neige, celle-ci fond et se transforme en pluie, en traversant la couche "chaude". En arrivant au sol, par -5°c, cette pluie gèle alors quasi instantanément !

J'ai essayé de faire des photos, mais photographier une couche tranparente, de nuit qui plus est, c'est pas facile...

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Heureusement, le lendemain matin, j'ai pu prendre de meilleures clichés :

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Moi, bravant les éléments pour aller nourrir les petits oiseaux :

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La pluie tombée sur les buissons a gelé, créant ces jolies feuilles de glace qui ont ensuite glissé au sol quand la température est remontée :

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